Notre Whisky Live Paris 2021 : et si le whisky entrait enfin dans l’ère de la transparence ?

Notre Whisky Live Paris 2021 : et si le whisky entrait enfin dans l’ère de la transparence ?

Notre Chief Malt Reporter revient pour Topofhops.beer sur la dernière édition du salon Whisky Live Paris qui a eu lieu fin septembre 2021 à Paris. Depuis 2004, ce salon réunit amateurs, producteurs et grands experts mondiaux du whisky. Damien nous fait un tour d’horizon des dernières tendances mais surtout de ses coups de coeur !

Par Damien Piganiol

Après une édition 2020 annulée pour cause de crise sanitaire, le grand rassemblement des amateurs et professionnels de whisky se tenait à nouveau fin septembre à la Villette, Paris. L’occasion parfaite de prendre le pouls d’une industrie qui continue de se développer, portée notamment par la croissance soutenue de la consommation dans les pays asiatiques et du Golfe.

Le reflux épidémique du Covid, c’est aussi le plaisir de retrouver, pour les passionnés de bières, whisky et spiritueux que nous sommes, l’expérience de la dégustation à plusieurs, ces moments toujours un peu spéciaux marqués par des échanges profonds entre passionnés, parfois de vifs débats, mais avant tout conviviaux. Sans surprise, le Whisky Live s’inscrit dans cette veine.

Sans conteste, cette édition 2021 était marquée par la percée de nouvelles (et moins nouvelles) distilleries venues bousculer les habitudes bien établies d’un secteur jugé encore, du moins par certains, en retard sur les enjeux identifiés depuis des années par les acteurs du vin ou de la bière : traçabilité, transparence du produit, production locale.

Tour d’horizon… entre remise à niveau et découverte de nouvelles distilleries

Le boom que connaît l’industrie du whisky depuis les années 2000 se traduisait concrètement cette année par l’installation de nouveaux stands et marques, qui ont connu un franc succès de la part des visiteurs toujours avides de découvertes.

Notons particulièrement l’arrivée remarquée de Torabhaig, cette nouvelle distillerie située sur l’île de Skye en Ecosse et qui a lancé, en ce début d’année 2021, ses premiers whiskies. Dégustation du deuxième embouteillage de la distillerie, Allt Gleann, un whisky jeune (4 ans) marqué par la tourbe (qui tire à 77ppm), aux notes gourmandes et maltées (miel, vanille et orge) mais aussi iodées, avec une belle minéralité. La seconde distillerie à s’établir sur Skye (après la sacro-sainte qu’on ne cite plus, Talisker) est définitivement une distillerie à suivre de près dans les prochaines années, avec la sortie programmée de son premier 10 ans d’âge à horizon 2028.

Les classiques du salon que l’on retrouve avec plaisir sont bel et bien là, comme le très attendu Chichibu Paris Edition. La micro-distillerie japonaise connaît une hype folle depuis plusieurs années et ses embouteillages s’arrachent à prix d’or sur le second marché. Fort heureusement, le stand Chichibu était bien pourvu et il était possible, en jouant sévèrement des coudes, de s’y glisser pour y tremper les lèvres.

Tirant à 53,5 %, l’édition 2021 révèle une fraîcheur herbacée et florale typique, conjuguée à des notes de fruits et une légère tourbe médicinale. Prochainement en vente, le prix affiché se situera aux alentours de 340€… avis aux amateurs.

Un salut hors de l’Ecosse ?

Après les passages traditionnels sur de nombreux stands écossais (mention spéciale au stand Bowmore qui proposait une dégustation d’huîtres aux côtés de ses embouteillages tourbés) et chez les indépendants (Signatory Vintage, Compass Box, Gordon & Macphail…), détour obligé vers le stand Warenghem – Armorik, plus ancienne distillerie de whisky française située à Lannion en Bretagne (Côtes d’Armor). Dégustation de L’Esprit d’Equipe, embouteillage sélectionné par l’ensemble des collaborateurs de la distillerie vieilli 3 ans en fût de bourbon puis 3 ans en fût de Savennieres, un vin de blanc de Loire. Une finition peu commune qui renforce le côté fruité du distillat (ananas) et apporte des touches de minéralité en fin de bouche.

Sans équivoque, cette année la vraie star du salon nous vient d’Irlande avec Waterford et il suffit de voir le monde qui se presse devant le stand pour constater à quel point l’arrivée de ce trublion dans l’industrie du whisky attise la curiosité. Installée dans les locaux d’une ancienne brasserie Guinness en Irlande, Waterford est lancée en 2015 par Mark Reynier, figure ultra-connue dans le monde du whisky pour avoir ressuscité, avec succès, la distillerie Bruichladdich sur l’ile d’Islay en Ecosse.

Chez Waterford, le mot d’ordre est simple : le terroir, la transparence, le local. La distillerie a fédéré plusieurs fermes locales autour de son projet et travaille notamment en bio ainsi qu’en biodynamie. Pour quels résultats ? Le plus marquant est sans doute la traçabilité du produit, poussée à une extrémité encore jamais vu dans l’univers du whisky. Sur chaque bouteille, un code unique qui renvoie sur le site de Waterford où vous pourrez connaître TOUS les détails de production de votre whisky comme, par exemple, la ferme ayant produit l’orge de votre whisky, le tout additionné de photos, éléments visuels et sonores proposant une immersion totale dans le produit. Gadget marketing pour certains, véritable révolution pour d’autres, il est certain que Waterford divise, mais il est aussi à peu près certain qu’il y aura un avant et un après Waterford dans l’industrie du whisky, qui souffre encore d’un véritable problème d’identification du produit pour le consommateur (nous en parlions notamment ici).

La perle venue des Alpes

Dans l’Hexagone aussi, cette tendance du local, du produit raisonné ancré dans son terroir existe depuis plusieurs années. Détour vers le stand du Domaine des Hautes Glaces, une ferme-distillerie lancée en 2009 située dans le Trièves qui produit exclusivement du whisky bio, dont la réputation grandit chaque année un peu plus en France et ailleurs. La distillerie vient d’ailleurs de lancer un embouteillage XOou extra old – (voir plus bas), dont la particularité est d’être zéro carbone. Les whiskies, travaillés avec les céréales de la ferme et les agriculteurs locaux sont vieillis dans des fûts sélectionnés en France (vin jaune, cognac).

Un modèle de production réfléchi qui permet d’ancrer le produit dans son territoire. La tourbe ? Absente, « car il n’y a pas de tourbe dans le Trièves, ça n’aurait pas de sens de proposer un whisky tourbé ». Cela permet aussi au Domaine de diversifier sa gamme de whiskies en lançant par exemple, aux côtés d’un Rye (whisky de seigle) particulièrement réussi, un whisky d’épeautre.

Il vous fallait une autre raison pour vous intéresser au Domaine des Hautes Glaces ? A 17h11 le samedi, la cloche sonnait sur le stand pour déguster en exclusivité le 10 ans XO, distillé en mai 2011… (soit le 05/11 !).

A l’année prochaine…

OVERALL
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