Votre whisky japonais ne vient peut-être pas du Japon (mais plus pour longtemps)

Votre whisky japonais ne vient peut-être pas du Japon (mais plus pour longtemps)

Topofthehops.beer s’intéresse surtout à la bière artisanale et locale. Mais comme une bonne bière amène souvent à un bon whisky on ne résiste pas à l’envie de partager cette actu importante pour les amateurs de whisky japonais. Damien notre passionné de spiritueux maltés nous éclaire sur les enjeux de traçabilité des whiskies japonais. Alors sont-ils tous vraiment japonais ?

Le saviez-vous : jusqu’à présent lorsque vous achetiez du whisky japonais, il était tout à fait possible que vous vous offriez, en réalité, un whisky écossais, irlandais… ou autre ! Le propos peut paraître provocateur, mais est pourtant bien réel.

Par Damien Piganiol

Le New York Times y faisait d’ailleurs mention dans un article publié en mai dernier « Certains whiskies japonais ne viennent pas du Japon. D’autres ne sont même pas du whisky ! ». Mais cela est (enfin !) amené à changer, car depuis le 16 février dernier, une annonce fait grand bruit dans le monde, discret, des amateurs de spiritueux. Une transparence bienvenue qui permettra au whisky nippon de conserver son prestige, ainsi que son identité de produit de qualité, aux yeux du consommateur.

Un produit à forte identité pour le consommateur français

Auparavant confidentiel, le whisky japonais a connu un essor colossal dans les années 2000 et les prix de certaines bouteilles ont été multipliés par 5. D’autres bouteilles s’arrachent même à prix d’or : c’est le cas notamment de Karuizawa, une distillerie située dans les Alpes japonaises et qui a cessé son activité en 2000, dont une bouteille a été vendue 400 000 euros lors d’une vente aux enchères à Londres, en mars 2020. Sacré plusieurs fois meilleur whisky du monde, le produit « whisky japonais » a ainsi acquis au fil des années, auprès du consommateur et notamment en France, une image alliant qualité et positionnement haut de gamme.

Face à l’explosion de la demande, les distillateurs du pays du soleil levant ont rapidement rencontré des problématiques de stocks. En effet, si vous achetiez en 2005 un whisky nippon âgé de 10 ans, vous vous offriez de facto un whisky distillé au plus tard en 1995, c’est à dire à une époque où le marché du whisky, pour les distilleries nippones, n’était pas aussi porteur.

Restait donc cette problématique : dans une industrie de temps long, comment continuer à fournir immédiatement du whisky made in Japan au consommateur quand les stocks manquent ? Plusieurs acteurs ont profité ces dernières années d’une réglementation laxiste voire absente pour estampiller « whisky japonais » des whiskies distillés en réalité en Europe ou ailleurs, puis transportés vers le Japon pour y être embouteillés. Il suffisait simplement, jusqu’à présent, d’embouteiller – et non pas produire, le distillat sur le sol nippon pour gagner l’étiquette « whisky japonais », dont les consommateurs sont friands.

Néanmoins et ne soyons pas alarmistes, rappelons que de nombreuses distilleries ou micro-distilleries implantées au Japon, ainsi que leurs marques, disposent à juste titre d’un solide crédit de sérieux, ainsi que de qualité, auprès des amateurs de whisky.

Whisky tasting in Japan
Du vrai whisky japonais consommé sur place

La transparence au service de l’image de marque ?

Pourtant, le problème est suffisamment sérieux pour que les acteurs de l’industrie se mobilisent. A compter du 1er avril 2021 – et non, ce n’est pas un poisson d’Avril, ces pratiques ne seront plus autorisées. En effet, la Japan Spirits & Liqueurs Makers Association (JSLMA) vient d’annoncer le 16 février 2021 l’adoption d’un nouveau cahier des charges, inspiré de son homologue écossais de 1988, pour protéger son industrie et mieux définir ce qu’est le whisky japonais. Le document précise notamment, que « la saccharification, la fermentation et la distillation doivent être effectuées dans une distillerie au Japon. »

Une annonce bienvenue pour les amateurs de spiritueux, mais plus globalement pour l’ensemble des consommateurs, à l’heure où la traçabilité des produits, les productions locales et plus généralement le souci de transparence sont devenus des préoccupations importantes pour les clients… et donc des enjeux majeurs pour les marques.

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